La fédération soutient le dispositif : Donnez un sifflet à une petite fille de l’AFCAM – Interviews d’arbitres fédéraux

À travers la campagne, l’Association Française du Corps Arbitral Multisports (AFCAM) réaffirme son engagement en faveur de l’émancipation des filles, de l’égalité, de la lutte contre le sexisme et de la reconnaissance de l’arbitrage comme un véritable levier d’apprentissage citoyen. 

Arbitrer, c’est apprendre à dire stop, à dire non, à décider, à assumer une responsabilité et à prendre sa place dans la société.

Cette campagne s’inscrit pleinement dans la continuité des actions portées par l’AFCAM depuis de nombreuses années.

Déployée progressivement sur l’ensemble du territoire, elle rencontre déjà un écho fort au sein du mouvement sportif et au-delà, avec le soutien du ministère des Sports et du Comité national olympique et sportif français.

Cette campagne a un objectif clair : encourager la pratique de l’arbitrage chez les jeunes filles et valoriser ce rôle comme un espace d’apprentissage, de responsabilité et de prise de décision.

Interview d’Anthony LEROY – Président de la Commission des Officiels d’Arbitrages (CFOA)

En quoi est-ce important d’avoir des « femmes » officielles d’arbitrage ?

La Fédération Française des Sports de Glace se distingue par une représentation féminine particulièrement forte au sein de son corps arbitral, avec près de 66 % de femmes parmi les officiels d’arbitrage. Les disciplines relevant de la FFSG, historiquement très féminisées dans leur pratique, favorisent naturellement l’identification et la projection des pratiquantes vers ces fonctions.

Cette présence significative contribue à faire de l’autorité arbitrale exercée par des femmes une norme et non une exception.

Les jeunes licenciés intègrent ainsi très tôt que la compétence, la légitimité et la capacité à décider ne dépendent pas du genre, mais de la formation, de l’expertise et de l’expérience. L’arbitrage cesse alors d’être perçu comme un espace symboliquement masculin.

Voir des femmes occuper des fonctions d’arbitrage à tous les niveaux crée un effet de rôle modèle important. Les jeunes pratiquantes peuvent se projeter plus facilement vers ces fonctions, ce qui favorise le recrutement d’officiels et de conserver dans l’écosystème fédéral des pratiquantes après l’arrêt de la compétition.

Quelles sont les missions et le rôle de la CFOA ?

La Commission Fédérale des Officiels d’Arbitrage est la commission permanente de la FFSG en charge de la politique fédérale de l’arbitrage.

  • Elle propose les conditions de formation et de perfectionnement des Officiels d’Arbitrage et des bénévoles de compétitions.
  • Elle fixe les orientations générales de gestion et d’organisation de l’arbitrage, ainsi que la politique de formation.
  • La CFOA établit en outre la liste fédérale annuelle, délivre les habilitations et attribue les grades.
  • Elle veille également au respect des règles, de la déontologie et du code d’éthique, et peut saisir les instances compétentes en cas de manquement.

Consciente des contraintes pouvant jalonner les parcours des officiels d’arbitrage, qu’elles soient d’ordre sportif (notamment lorsque certains officiels sont encore en activité de pratique), ou personnel et familial (en particulier lors de périodes de maternité ou plus largement de responsabilités parentales), la CFOA a mis en place des dispositifs d’accompagnement adaptés : des possibilités de saison sabbatique, de dispenses temporaires ou d’aménagement des obligations sont proposées afin de permettre aux officiels, femmes comme hommes, de suspendre ou d’alléger leur activité sans rupture de parcours. Cette approche vise à sécuriser les trajectoires individuelles, à favoriser la fidélisation des arbitres et à permettre une reprise progressive dans des conditions compatibles avec leurs contraintes personnelles, sportives et familiales.

Importance des missions de l’AFCAM

Fondée en 1985, l’AFCAM constitue un acteur central de la structuration et de la représentation du corps arbitral français, regroupant environ 244 000 juges et arbitres issus de plus de 80 disciplines.

Elle joue un rôle clé d’interface entre les fédérations, les institutions sportives et les instances internationales, contribuant à la reconnaissance et à l’évolution du statut des officiels d’arbitrage.

Par ses actions de formation interdisciplinaire et de mutualisation des bonnes pratiques, l’AFCAM participe à l’élévation du niveau global de l’arbitrage français.

La FFSG est adhérente depuis le début des années 90 à l’AFCAM, qui constitue un appui structurant pour la Commission des Officiels d’Arbitrage, notamment sur les aspects juridiques, éthiques et statutaires, la lutte contre les discriminations mais aussi sur la valorisation de la mission arbitrale.

En 2024, deux Officiels d’Arbitrage de la FFSG ont été élus au Comité Exécutif de l’AFCAM, témoignant de l’implication fédérale dans cette instance.

Découvrez les 2 interviews de nos arbitres dans 2 sports fédéraux : Le Patinage Artistique et le Short-Track

Interview de Marine ALLOUCH – Arbitre de Patinage Artistique

Présente-toi !

Marine, 32 ans 

J’ai commencé le patinage artistique à l’âge de 7 ans, jusqu’à mes 18 ans. 

Grande passionnée de sports en règle générale. Je ne loupe aucune épreuve des JO (été comme hiver) et aucun Grand Prix de F1. 

Pourquoi t’es-tu tournée vers l’arbitrage et qu’est-ce que cela t’a apporté dans ta pratique de ton sport de glace ?

J’ai arrêté le patin pour me concentrer sur mes études supérieures. En arrêtant, je me suis rendu compte qu’il était impossible pour moi de partir de ce milieu et de m’éloigner des patinoires trop longtemps. C’est donc tout naturellement que je me suis renseignée auprès de la FFSG sur les modalités pour devenir juge. Et voilà, 11 ans plus tard, arbitre : en bord de piste, mais cette fois de l’autre côté de la barrière !

Est-ce que l’arbitrage t’a aidée comme espace d’émancipation et de responsabilité ?

Evidemment, l’arbitrage a vraiment joué une rôle dans ma vie de tous les jours et en dehors du patinage. Être arbitre lors d’une compétition impose des prises de position, des prises de décision, dans un laps de temps court et parfois sous pression. Dans la vie de tous les jours, cela permet d’améliorer sa confiance en soi. Par exemple, un jour dans le cadre professionnel, je n’étais pas d’accord avec mes collègues. J’ai su, tout en écoutant leur point de vue, assumer ma vision et me faire entendre car j’ai fait confiance à mon analyse de la situation. 

Repars-tu pour une saison et aurais-tu un slogan pour l’arbitrage à la FFSG ?

Evidemment que je repars pour une saison ! J’ai eu obtenu le grade National A en septembre dernier, et je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin ! 

Aurais-tu un slogan pour l’arbitrage à la FFSG ?

« L’impartialité commence la où le doute s’arrête »

Interview de Séra KIM – Arbitre de Short-Track

Présente-toi !

Je m’appelle Séra KIM, j’ai 32 ans et je suis arbitre de short-track.

Mon parcours s’est construit autour des sports de glisse, avec une expérience de haut niveau en short-track et en patinage de vitesse longue piste. Aujourd’hui, je suis éducatrice sportive territoriale à la direction des sports de la Ville de Villeparisis et doctorante en sciences du sport. Je mène des recherches sur la gestion de l’effort dans les sports d’endurance, y compris en patinage de vitesse sur glace.

Au quotidien, j’évolue à la croisée du terrain et de la recherche.
J’entraîne et j’accompagne les athlètes dans leur progression, je transmets mon expérience, et j’analyse les mécanismes de la performance pour mieux les comprendre et les optimiser.

L’arbitrage s’inscrit pleinement dans ce parcours, comme une autre manière d’observer, de comprendre et de faire vivre le sport.

Pourquoi t’es-tu tournée vers l’arbitrage et qu’est-ce que cela t’a apporté dans ta pratique de ton sport de glace ?

Je ne me suis pas tournée vers l’arbitrage par hasard. C’était une envie de voir autrement. Après mon parcours de sportive de haut niveau, j’ai ressenti le besoin de prendre du recul, de sortir de l’action pour mieux observer et comprendre ce qui se joue réellement dans une course et dans les décisions.

L’arbitrage m’a permis de découvrir une autre facette du sport.

J’ai appris à voir ce qui reste souvent invisible pour l’athlète, comme la précision des décisions, la lecture des situations, mais aussi le travail discret de toutes celles et ceux qui rendent une compétition possible. Je me suis engagée dans l’arbitrage à un autre moment de mon parcours, avec l’envie d’apprendre autrement et de mieux comprendre le sport dans toute sa
complexité. Aujourd’hui, en tant qu’entraîneure et chercheuse, cette expérience me permet d’accompagner les athlètes avec plus de justesse et une vision plus globale du sport.

Est-ce que l’arbitrage t’a aidée comme espace d’émancipation et de responsabilité ?

Oui, clairement.

L’arbitrage est un véritable espace de responsabilité.

Sur la glace, il faut être capable de lire une situation rapidement et de prendre une décision juste, parfois sous pression. Et surtout, il faut savoir l’assumer. Avec le temps, j’ai compris que cette capacité à décider ne reste pas uniquement dans le cadre du sport. Elle s’inscrit aussi dans le quotidien, dans le travail, dans la manière de se positionner face aux autres. Pour moi, l’arbitrage m’a vraiment aidée à prendre ma place et à gagner en confiance dans mes choix.

Repars-tu pour une nouvelle saison d’arbitrage ?

Oui, je souhaite continuer à m’investir dans l’arbitrage. C’est une activité qui m’apporte beaucoup et qui fait pleinement partie de mon parcours. Elle me permet de rester connectée au terrain, tout en développant un regard plus global sur le sport et sur les décisions qui le structurent.

Aurais-tu un slogan pour l’arbitrage à la FFSG ?

Si je devais proposer un slogan pour l’arbitrage à la FFSG : « Prends le sifflet. Décide avec justesse, fais vivre le jeu. »

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